« D’Emmaüs au Secours Catholique, en passant par L’auberge des migrants, les associations qui œuvrent auprès des quelque 10 000 exilés de Calais sont unanimes à demander le report de l’évacuation du bidonville, prévue le 17 octobre. Toutes redoutent un plan mal préparé, une expulsion « rapide, ramassée », qui « ne peut être que brutale » (« Libération », 10/10). Un démantèlement « pour rien », puisque « les gens vont revenir, il ne faut pas se voiler la face ». « Une chasse aux exilés » n’ayant, selon elles, qu’un but « électoraliste », dont elles refusent d’être les « complices ».
Le ratage total de la destruction du camp de Sangatte, en 2002, ordonnée par Nicolas Sarkozy, devrait servir de leçon. Les réfugiés n’avaient pas quitté la région et avaient érigé des abris de fortune un peu partout le long des côtes et des autoroutes, avant de reconstituer d’énormes camps.
Pendant que se prépare le démantèlement, une audience quasi burlesque se tenait au Conseil d’Etat, le 7 octobre. Le gouvernement y faisait appel de l’interdiction de détruire les 72 échoppes et « restaurants » de la « jungle ». […]
« Le ministère de l’Intérieur craint, en raison de l’interdiction du juge, d’être obligé de laisser saufs les 72 commerces, qui subsisteraient, seuls, au milieu des débris du bidonville. »

Le Canard enchaîné, mercredi 12 octobre