« A deux mois de l’élection présidentielle, Marine Le Pen est largement en tête des sondages de premier tour. En Creuse, les sympathisants se prennent à rêver du grand soir. […]
Côté militants, on veut aussi croire dans l’élan actuel : « je vote Front National depuis 25 ans et je vois une vraie différence depuis que Marine Le Pen est présidente« , raconte Elisabeth. Cette agente immobilière s’est engagée comme militante au moment où la fille de Jean-Marie Le Pen prenait la tête du parti en 2011 : « la personnalité de Marine Le Pen est plus facile à accepter, il y a plus de gens qui viennent vers nous et on ne rencontre quasiment plus d’hostilité… Au début pourtant c’était difficile, j’ai été traité[e] de SS en Creuse il y a quelques années mais c’est terminé. »
Pour autant, le FN n’est pas un parti comme un autre et les fondamentaux demeurent. Marine Le Pen promet d’organiser un référendum sur la sortie de la France de l’Union européenne, de rétablir une monnaie nationale ou de réduire l’immigration légale à un solde annuel de 10.000 (contre 200.000 entrées actuellement)… Pour le reste, quelques marqueurs historiques ont été abandonnés : la candidate frontiste ne promet plus de rétablir la peine de mort mais défend la perpétuité réelle et incompressible (qui existe déjà), la notion de priorité nationale remplace aussi celle de préférence nationale (faire payer l’école aux enfants de parents étrangers, par exemple).
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En 2012, Marine Le Pen n’avait réuni « que » 17,9 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle (16,27 % en Creuse) mais entre temps, le parti a progressé : premier parti de France (24 %) et de Creuse (22 %) aux européennes de 2014, le FN a réuni 22,9 % des voix aux dernières élections régionales en 2015. »

France Bleu