« Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, CFDT, Unsa, SUD) ont appelé jeudi soir à une grève reconductible à partir du 3 avril, date à laquelle devrait commencer l’examen parlementaire de la loi d’habilitation permettant au gouvernement de réformer la SNCF par ordonnances. La méthode est néanmoins inédite puisque les cheminots cesseront le travail durant deux jours puis retourneront à leur ouvrage les trois jours suivants, avant de reprendre leur mouvement. Cette grève «deux sur cinq» présente un double avantage, vu du côté des syndicats. Elle permet de laisser la porte ouverte aux négociations et aussi de… désorganiser le trafic de la SNCF puisque les arrêts de travail ne tomberont jamais les mêmes jours de la semaine. Un vrai casse-tête pour la direction de la SNCF chargée de planifier la circulation des trains. […]
«La SNCF doit être cette entreprise publique dont les Français sont fiers», a martelé la ministre, ce qui laisse penser qu’aujourd’hui, c’est loin d’être le cas. Interrogée sur la perspective de la grève, Borne s’est contentée d’une réponse dont chaque mot était millimétré : «Les ponts ne sont pas rompus. On se voit, on discute.» A partir du 3 avril, les 4 millions d’utilisateurs quotidiens de la SNCF jugeront sur pièce de la qualité de cette discussion. »

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