« Le 12 octobre dernier, le Conseil d’État tenait une audience publique consacrée à la demande d’annulation du décret du 8 avril 2017, portant abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim. Le rapporteur public – un membre du conseil chargé d’analyser le litige et dont l’avis est le plus souvent suivi – a conclu à l’annulation de ce décret. « Le vice juridique me semble trop grave pour passer outre », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l’Agence France-Presse. « Cette proposition n’a rien à voir avec le bien-fondé de la fermeture, a-t-il cependant ajouté. Il ne s’agit pas de dire qu’on ne peut pas fermer Fessenheim. » Le rapporteur public a en effet été suivi, puisque le Conseil d’Etat vient logiquement d’annuler ce décret. […]
À l’époque ministre de l’Écologie, Ségolène Royal avait fait publier ce décret (n° 2017-508) à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, comme une ultime tentative de concrétiser l’engagement pris, cinq ans auparavant, par le chef de l’État sortant, François Hollande. Ce texte reprenait en réalité les conditions, très contraignantes, posées quelques jours plus tôt par le conseil d’administration d’EDF, précisant notamment que cette abrogation ne serait effective qu’« à compter de la date de mise en service de l’EPR de Flamanville 3 ». »

L’Alsace