« Les violences domestiques sont en passe d’être dépénalisées en Russie après le vote mercredi par les députés russes d’un projet de loi réduisant l’arsenal judiciaire dont disposent les victimes, en dépit de vives protestations des défenseurs des droits de l’Homme.
Le projet de loi, voté mercredi en deuxième lecture par la Douma (chambre basse du Parlement), dépénalisera les violences commises au sein d’une même famille, y compris contre les enfants ou le conjoint, tant qu’elles n’ont pas causé de séquelles graves ni eu de précédent. […]
Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture par les députés puis voté par les sénateurs, généralement une formalité, avant d’être promulgué par Vladimir Poutine. […]
« Si vous giflez votre enfant mal élevé, vous risquez jusqu’à deux ans de prison. Si votre voisin fait de même, il n’aura qu’une amende« , a écrit sur son blog l’un des auteurs de la loi, la sénatrice Elena Mizoulina, pour justifier la nécessité de changer la législation.
La loi actuelle permet aussi aux enfants en conflit avec leurs parents de les traîner devant la justice, a-t-elle affirmé.
La Douma russe a rejeté les propositions des députés communistes, qui proposaient de ne pas dépénaliser les violences ayant visé des enfants ou des femmes enceintes.
Le Kremlin a de son côté dit soutenir le projet, son porte-parole Dmitri Peskov expliquant aux journalistes que « qualifier de violences domestiques certains gestes au sein de la famille, c’est dramatiser du point de vue juridique« . « Ce n’est pas correct« , a-t-il souligné. […]
« C’est une tentative écoeurante de banaliser les violences domestiques« , a dénoncé la militante Anna Kirey, dans un communiqué d’Amnesty International. […]
En 2015, plus de 4.000 personnes ont été tuées par un membre de leur famille, selon des chiffres officiels cités par le comité du Kremlin pour les droits de l’Homme.
D’après cette même source, 40% des crimes violents les plus graves ont lieu dans le cercle familial. »

Le Parisien