« La victoire très nette de François Fillon lui donne les coudées franches pour oser une « rupture » dans l’histoire de la droite classique.
François Fillon a « cassé la baraque » ! Pas encore celle de la France, mais celle de la primaire de la droite et du centre. Nette et sans bavure, la victoire de l’homme de la Sarthe (plus de 66 %) sur Alain Juppé (moins d’un tiers des voix) donne à l’ancien Premier ministre l’élan électoral nécessaire pour imposer à sa famille politique « la rupture libérale » qu’il concocte, le « changement complet de logiciel ». […]
Alain Juppé chute lourdement ce soir. Le maire de Bordeaux met un point final à sa carrière nationale ; il annonce se consacrer à son mandat municipal. François Fillon aura désormais à cœur de rassembler sa famille politique entre d’un côté les identitaires (anciens sarkozystes orphelins de leur chef), les libéraux modérés (les juppéistes) et ses propres partisans qui sont parvenus à édifier une synthère entre le libéralisme de la droite et le conservatisme. […]
Au centre, François Fillon devra se méfier de deux hommes. D’abord, François Bayrou. Le maire de Pau, qui s’était rangé derrière Alain Juppé, retrouve ce soir toute sa liberté. Qu’en fera-t-il ? Nous le saurons assez vite. Même si sa candidature ne devait grignoter que quelques points, dans une présidentielle aussi éclatée, la moindre perte en ligne peut être fatale. D’autant qu’au centre droit, Emmanuel Macron, social-libéral, peut représenter une offre politique séduisante pour un électorat qui va d’Alain Juppé à François Hollande. […]
Sur sa droite, François Fillon sera attaqué par les souverainistes. Marine Le Pen, dont le programme étatique s’adresse aux plus humbles, ne manquera pas de dénoncer chez le député de Paris la prétendue « casse sociale » de son programme. »

Le Point