« Le vote que personne n’espérait plus a eu lieu mardi 4 juillet : les États membres de l’UE se sont entendus sur les trois critères permettant de définir les pesticides agissant comme des perturbateurs endocriniens, ces substances capables d’interférer avec le système hormonal des hommes ou des animaux. Ces perturbateurs endocriniens sont en effet suspectés d’être présents dans bon nombre d’objets du quotidien et de causer de graves maladies telles que le cancer, le diabète, l’infertilité ou l’autisme.
Les critères retenus pour définir un perturbateur endocrinien sont l’apparition d’effets indésirables, le mode d’action endocrinien – c’est-à-dire une perturbation du système endocrinien – ainsi qu’une corrélation entre les deux. À huit reprises, de l’été 2016 à l’été 2017, la Commission avait soigneusement évité de les soumettre au vote du Comité permanent des plantes, animaux, alimentation et aliments pour animaux sur les pesticides (PAFF) – qui regroupe des experts nationaux. Elle savait qu’elle ne disposerait pas du soutien nécessaire, à savoir une majorité qualifiée d’États membres. […]
Toutefois, le Parlement européen et les ministres européens peuvent refuser le texte et obliger la Commission à revoir sa copie. « Il serait impensable que le Parlement fasse obstruction à la mise en œuvre de ces critères », annonce déjà la députée française Françoise Grossetête, du Parti populaire européen (PPE). Toutefois, la Commission n’a établi de critères que pour les seuls pesticides : la lutte contre les perturbateurs endocriniens potentiellement contenus dans les emballages, cosmétiques et autres jouets s’inscrira, elle, dans un autre chapitre. »

La Croix