« INTERVIEW – Lundi, pour cause de prescription des faits, la justice a classé sans suite l’enquête visant le député écologiste, Denis Baupin, accusé d’agressions et de harcèlement sexuels par plusieurs femmes. Au JDD, il annonce son intention de porter plainte contre Europe Ecologie-Les Verts et contre les plaignantes.
Lundi après-midi, quelques heures seulement après le classement sans suite de quatre plaintes pour harcèlement et agressions sexuelles le concernant, Denis Baupin a répondu aux questions du JDD en présence de son avocat. Il livre sa vérité sur « l’affaire Baupin » et lui donne une dimension politique. En mai 2016, Isabelle Attard, députée écologiste du Calvados, Sandrine Rousseau, dirigeante d’Europe Ecologie-Les Verts, Elen Debost, maire adjointe EELV du Mans, et Annie Lahmer, conseillère régionale EELV d’Ile-de-France, ainsi que quatre autres femmes qui avaient témoigné de façon anonyme, avaient dénoncé sur Mediapart et sur France Inter, les agissements de Denis Baupin, député écologiste de Paris.
Les trois premières avaient porté plainte. Véronique Haché, actuelle directrice d’Autolib’, s’est jointe à leur action en l’accusant d’une agression sexuelle en 2004. Elle travaillait au cabinet de Bertrand Delanoë à la mairie de Paris. Au total, 14 femmes auraient témoigné contre lui devant les enquêteurs. Ce dossier pose une fois encore la question de la prescription. Elle était de trois ans pour les plaignantes dans l’affaire Baupin ; depuis, elle a été allongée à six ans. La prescription invoquée par le parquet empêchant toute décision sur le fond, la procédure s’arrête là. Les plaignantes ne retirent aucune de leurs accusations. Et le parquet de Paris ne remet pas en cause leur sincérité, ni celle des témoignages qui les ont appuyées. Mais la culpabilité du mis en cause n’est pas établie non plus. »

Le JDD