Cette lune que tu regardes
Pendant les nuits où tu te dis
Que tu n’as personne pour toi
Ou personne qui ne t’entend,
Va-t-elle à la même vitesse,
Quand dans le ciel elle s’enfuit,
Que celle que je vois aussi
Dans mes solitaires moments ?
Si après tout, tous les gens seuls
Ne l’étaient pas par solitude,
Mais parce qu’ils ne trouvent rien
A partager avec le monde ?
Si, tendresse, dans les étoiles,
Tu penses les voir qui t’éludent,
Si dans tes plus tardives heures,
Toujours tes propres yeux t’inondent,
Pense à moi, tendre, pense à moi,
Pense que moi aussi je pleure,
Et crois bien, tendresse, crois bien,
Que je partage tout de toi,
Puisqu’il nous suffit d’un seul astre,
Rien qu’un seul céleste écumeur,
Pour que toi et moi, un instant,
Nous puissions finir dans nos bras.