À bien entendu lire au rythme du Port d’Amsterdam de Brel

 

Dans les nuits de Berlin,
Y a des hommes qui rient
Avecque leurs amis
En leur tenant la main.
Dans les nuits de Berlin
Y a des hommes qui marchent
En ne pensant à rien
D’autre que leur démarche.
Dans les nuits de Berlin,
Y a des hommes qui courent
Par crainte du matin
Qui vole leurs amours.
Dans les nuits de Berlin
Y a des hommes qui pleurent
Parce qu’ils n’ont plus peur
D’être encor seuls demain.

Dans les nuits de Berlin,
Y a des hommes qui crient
Contre des ennemis
Qui leur veulent du bien
Ils croient être en colère
Quand ils sont juste tristes
Et alors ils insistent
Et finissent amers
Et ils pensent encore
Que parce qu’ils combattent
C’est plus qu’une cantate
Qu’ils chantent aussi fort
Comme si d’un seul coup
Toute leur assistance
Leur donnait une chance
De tomber à genoux.

Dans les nuits de Berlin,
Y a des hommes qui baisent
Mais qui sont mal à l’aise
De baiser des catins
Et ils les trouvent laides,
Et ils en voudraient d’autres
Ils pensent que les nôtres,
Devant nous, tombent raides
Ils savent leur beauté
Et croient qu’elle suffit
A nourrir leurs pensées,
En faire des génies,
Nos femmes les parfaites,
Belles tant de visage
Que belles dans leur tête,
Et ils baisent de rage.

Dans les nuits de Berlin, y a des hommes qui dorment
Et qui ne rêvent pas puisqu’ils ne rêvent plus,
Quand d’autres n’ont sommeil, et leur nuit, ils l’ont bue
Et eux vivent leur rêve, un rêve trop énorme
Pour être raconté
Comme un songe normal,
Car ce rêve emporté
Que vivent ces gros mâles
C’est de voler nos femmes
Celles qui sont les nôtres
Et dont le rêve infâme
Est d’être avec un autre.

Dans les nuits de Berlin,
Dans les nuits de Berlin