Je ne l’ai pas oubliée,
Cette partition de flûte
Que tu aimais tant me jouer.
J’ai appris à la siffler,
A la fredonner sans but,
Mais toujours à l’adorer.

Ce n’était qu’un petit air
Écrit en quelques minutes
Pour tromper un peu l’ennui,
C’est devenu ma berceuse,
Ce petit morceau de flûte
Qui rend plus douces mes nuits.

Et la moindre de tes notes
Faisait naître sur tes lèvres
Comme d’impatients baisers,
Et pourtant tant j’essayais,
Je n’atteignais pas ta fièvre,
J’avais peur de t’embrasser.

Parfois je veux t’imiter,
Le jouer aussi bien que toi,
Entendre en mon son le tien,
Mais chaque fois, à la fin,
Le résultat me déçoit,
Puisque ton talent est loin.

Pourtant j’étais bien têtue,
Je la rejouais à tue-tête,
Et, tu dois bien t’en douter,
Je n’en étais pas meilleure
Et me sentais un peu bête
De m’être tant entêtée.

Alors je me le rejoue
En pensée, juste pour moi
Pour te retrouver un peu;
Et je vous revois aussi,
Toi, la danse de tes doigts,
Et cet air si mélodieux.

J’aime mieux ce souvenir
De quand tu étais si belle,
Avant cette longue chute.
As-tu aimé le silence
Lorsque tu sautas sans aile
Puisque sans cet air de flûte ?

Alors qu’importent mes larmes,
Qu’importe, tu n’es plus là,
Et que m’importe la lutte;
Si ça m’apprend à voler
Aussi bien que dans tes bras,
Je jouerai cet air de flûte.